Bx Hyacinthe-Marie Cormier 76ème Maître de l’Ordre
Commémoration : Ordo Fratrum Praedicatorum le 21 mai, date de son élection en tant que Maître de l'Ordre. Martyrologium Romanum le 17 décembre (dies natalis).
yacinthe-Marie Cormier, naît le 8 décembre 1832 à Orléans. Il entra dans le Tiers Ordre dominicain, alors qu'il était séminariste.
Après son ordination sacerdotale, en 1856, il entra au noviciat dominicain de Flavigny, fondé par le P. Lacordaire. Sa manière de célébrer la messe édifiait tous ceux qui y assistaient. En 1859, il fit sa profession solennelle.
En raison de la confiance que lui fit dès le début le P. Jandel (Maître général), qui avait reconnu en lui des qualités remarquables, le P. Cormier fut placé très vite dans des postes de responsabilité : sous-maître des novices en Italie, ensuite maître des novices et prieur en Corse, artisan de la nouvelle province de Toulouse, puis son provincial (nommé à 33 ans). De 1865 à 1891, il est supérieur sans discontinuer (Marseille, Toulouse, Saint-Maximin).
Témoin des difficultés de l'Ordre en France (expulsions 1880), il se préparait, avec discernement, à la défense de la liberté de l'Église : il devint à Rome l'assistant du Maître de l'Ordre, le P. Früwirth, puis procurateur général (= chargé des relations avec les congrégations romaines).
Et enfin, en 1904, à 72 ans, un âge où l'on aspirerait plutôt à la retraite, il est élu 76ème Maître de l’Ordre. L'époque était particulièrement troublée pour l'Église, avec les affrontements en France au moment de la séparation de l'Église et de l'État, causant un climat de quasi-guerre civile (re-expulsions 1903), tandis que la situation en Italie était presque aussi préoccupante. Sa grande tristesse fut la situation de la France où les Dominicains n'existaient plus...ils ne furent autorisés à revenir petit à petit qu'après la Première Guerre mondiale.
De plus, l'Église devait aussi se confronter à la crise moderniste. En cette occasion, il resta fidèle à Rome et respectueux des personnes. De tempérament plutôt traditionnel, il dut défendre avec force ses religieux, en particulier le P. Lagrange qu'on accusait d'infidélité à la doctrine de l'Église dans son exégèse. Hyacinthe-Marie sut plaider sa cause devant les attaques - tout en le modérant lui-même - et jouer de la grande estime que lui portait saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), pour obtenir un sursis ou retarder une désapprobation. Le P. Lagrange n'a-t-il pas déclaré plus tard que le P. Cormier était un exemple de sainteté ? Précisément, puisqu'on lui confiait cette tâche de gouvernement, c'est comme supérieur que le P. Cormier a su déployer cette sainteté.
S'il a réussi, c'est qu'il avait une haute idée de l'autorité dans l'Église et savait la vivre selon l'esprit du Christ disant aux disciples de ne pas « commander en maîtres ». Toujours en position de faire sentir le poids de son autorité, il agissait avec une telle humilité qu'il désarmait les préventions et emportait l'adhésion, mettant à l'aise ses interlocuteurs tant il usait de cette autorité avec tact et bon sens. C'était sa manière de vivre sa devise : « La charité de la vérité », à tel point qu'il fit de cette prudence une sainteté que l'Église a reconnue en le béatifiant.
Le P. Cormier a été un bon fils de saint Dominique. Il l’a imité en trois traits de sainteté : son amour de l'Ordre, son amour de la Vérité, et son amour de la vie intérieure. Il meurt le 17 décembre 1916 dans sa cellule du couvent Saint-Clément, à Rome, alors que l'Ordre célébrait ses 700 ans. Il fut inhumé en l'église Saint-Dominique et Saint-Sixte de Rome près de l'actuelle Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin, ou Angelicum, qu'il avait élevée au rang de Collège Pontifical en 1909.
Hyacinthe-Marie Cormier a été déclaré Bienheureux par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) le 20 novembre 1994.
©Evangelizo.org
|