BBx Martyrs espagnols dominicains († 07 nov. 1936)



BBx Alfredo Fanjul Acebal, Juan Mendibelzúa Ocerin,
Vicente Rodríguez Fernández, Isabelino Carmona Fernández (Prêtres)
José Delgado Pérez
(religieux)
 
Tous dominicains et martyrs le 7 nov. 1936 à Paracuellos del Jarama (Madrid).

 Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013), a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête (commune) soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

Commémoration propre à l’Ordo Fratrum Praedicatorum :

Alfredo, naît à Oviedo (Asturies) le 16 juillet 1867. Il étudia au séminaire d’Oviedo, installé dans l’ancien couvent Saint-Dominique ; profession à Corias (Asturies) le 29 septembre 1883, ordonné prêtre le 15 décembre 1890, il enseigna à Corias et Salamanque, en ce dernier couvent il fut régent des études. Maître en théologie, il préparait bien ses classes et était pour cela très estimé; il fut supérieur à Oviedo, Salamanque, Palencia, à l’Olivier à Madrid, à Saint-Dominique le Royal à Madrid, prieur provincial en 1918.
Il était prieur de l’Olivier quand le couvent fut attaqué le 20 juillet 1936. Arrêté le même jour, on l’emmena en camion au commissariat de police de la Puerta del Sol, puis au ministère de l’Intérieur, dans le camion où on l’emmenait il y avait des flaques de sang; pour s’être découvert en passant devant une église, il fut frappé à coups de canon de fusil. Du ministère on l’emmena à la direction générale de sécurité et on le mit au cachot, où il se trouva avec 4 religieux du couvent d’Atocha, notamment Isabelino Carmona. Vers minuit, ce 20 juillet, on les enferma à la prison Modelo et ils purent se réconforter mutuellement, surtout en priant ensemble. En prison il eut la consolation d’assister au mariage de son parent le général Joaquín Fanjul, qui fut exécuté quelques heures après. Le 15 août arrivèrent à cette prison 4 étudiants dominicains de la Province Bétique ; le 22 août ils faillirent mourir dans un incendie qui semblait provoqué de l’extérieur. Au milieu de ses préoccupations il se conforma toujours à la volonté de Dieu, et exerça beaucoup le ministère de la confession parmi les détenus ; pour lui-même et pendant la nuit, il récitait toutes les prières et pratiquait les rites comme s’il célébrait la messe, ce qui lui fut une grande consolation. Religieux excellent, pieux, jouissant d’un grand prestige, remarquable par sa charité et sa prudence.

Juan, naît à Bilbao le 23 novembre 1878, baptisé le lendemain ; dès l’enfance il fréquentait les moniales dominicaines de l’Incarnation de Bilbao ; profession à Corias (Asturies) le 5 décembre 1894, il commença la philo, fit la théologie à Salamanque, ordonné prêtre en 1902. Il était spécialement doué pour la musique, chantre, organiste et compositeur; il fut nommé au couvent de l’Olivier à Madrid ; religieux magnifique, bon, paisible, serein, de bonne humeur, serviable ; il célébrait parfois la messe dans l’oratoire particulier du Président de la République Niceto Alcalá Zamora.
Après l’attaque du couvent de l’Olivier le 20 juillet 1936, il se réfugia chez au moins deux familles, mais fut arrêté à la mi-octobre et incarcéré d’abord à la prison du Congrès, en un lieu très étroit où s’entassaient une centaine de personnes ; puis à la prison Modelo. Sa robuste complexion fut très affaiblie en ces mois d’angoisse. À la prison Modelo, sûrement depuis le 17 octobre, il fut avec le P. Vicente Rodríguez ; avec ses compagnons de cellule ils menèrent une vie édifiante et avec optimisme, occupés à prier souvent le rosaire. En ces moments il eut la force de consoler son compagnon d’infortune, le P. Vicente.

Vicente, naît à Bárcena, Navelgas (Asturies), le 22 octobre 1897, baptisé le lendemain ; il entra à l’école apostolique de Corias (Asturies), fit profession le 12 octobre 1915 ; il s’appliquait à se préparer pour la prédication et il avait un instinct poétique ; il étudia la théologie à Salamanque, ordonné prêtre le 1er avril 1922 ; il partit très vite au Mexique, à Chihuahua, puis à Tampico, où le surprit la persécution religieuse de Plutarco Elías Calles, et il fut expulsé du pays. Il passa aux USA et exerça l’apostolat au village de Cuero, au Texas, volontaire et charitable pour tous et en tout, il aimait l’apostolat et prêchait avec énergie et acceptation, il vécut la pauvreté avec résignation. À son retour en Espagne, il fut assigné au couvent Saint-Paul de Valladolid.
Il était destiné à la communauté de l’Olivier de Madrid quand le couvent fut attaqué le 20 juillet, et il trouva refuge chez un de ses frères; il souffrait intensément car il prévoyait qu’il allait mourir; il fut arrêté le 12 octobre et eut le même sort que le P. Juan Mendibelzúa.

Isabelino, naît à Pajares de Laguna (Salamanque) le 16 septembre 1908 ; il entra à l’école apostolique de Corias (Asturies), continua ses études classiques à Las Caldas de Besaya (Santander) ; profession le 15 août 1925 à Corias, études philosophiques ; il fit la théologie à Salamanque, fut un des fondateurs, parmi les étudiants, de l’académie ‘Francisco de Vitoria’, ordonné prêtre le 10 juillet 1932. Sa première et unique assignation fut le couvent d’Atocha de Madrid. Directeur de la jeunesse d’Action Catholique, il mit beaucoup de soin à sa formation spirituelle et liturgique. Homme intègre, silencieux, observateur et observant, respectueux, très doué intellectuellement.
Le 20 juillet avec les autres religieux il fut emmené à la caserne d’Abtao et à la direction générale de la sécurité, enfermé au cachot, et de là, transféré à la prison Modelo vers minuit le même jour. Dans sa cellule il était avec trois autres dominicains du couvent de l’Olivier, pleinement conformés à la volonté de Dieu et menant une intense vie de prière en attendant l’heure du martyre. Ils purent célébrer avec une certaine solennité la fête de saint Dominique le 4 août. Il marcha au supplice, vaillant et décidé.

José, naît le 18 mars 1917 à Becerril de Campos (Palencia) ; baptisé le lendemain, confirmé en 1935. Très doué intellectuellement, il étudia à l’école apostolique d’Almagro. En 1931, à cause des circonstances politiques, les supérieurs le renvoyèrent chez lui, ainsi que le reste des élèves. Là il se montra pieux et travailla aux champs avec sa famille. Il prit l’habit le 8 septembre 1935 et commença le noviciat. Il était de caractère gai et très sociable, très studieux et compétent, de solide piété, généreux et accomplissant son devoir ; dédié à Dieu corps et âme. Il suivit la communauté après la fermeture du couvent d’Almagro le 25 juillet. On l’emmena à Madrid, avec frère Manuel Santiago et d’autres, et il alla avec eux à la prison Modelo. Là il retrouva frère José Prieto Fuentes. Son martyre coïncida avec le début des exécutions en masse de prisonniers de cette prison. Il avait 19 ans.



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