Bse Dina Bélanger Religieuse québécoise (1897-1929)
ina Bélanger (Marie Sainte-Cécile-de-Rome) naît à Québec le 30 avril 1897. Enfant unique adorée des ses parents, elle a eu une enfance heureuse. Le succès l'accompagne tout au long de ses années d'études. À 19 ans, son talent musical la conduit au Conservatoire de New York pour y poursuivre, pendant deux ans, ses études en piano. À 24 ans, élégante pianiste de concert, jeune fille dévouée auprès des démunis, elle entre chez les Religieuses de Jésus-Marie, à Sillery. En communauté elle porte le nom de Marie Sainte-Cécile-de-Rome et enseigne la musique. Elle meurt le 4 septembre 1929, à l'âge de 32 ans. La vie de Dina s'est déroulée heureuse, mais sans éclat, éloignée de ce qu'applaudit spontanément notre monde.
Très jeune encore, Dina disait : « Je serai sainte ». Éprise de Jésus dès son plus jeune âge, initiée très tôt à la prière par ses parents, la vie de Dina est un cantique d'action de grâce, un chant d'amour. Jésus et Marie ne se séparent pas dans l'histoire des grâces divines que j'ai constamment reçues, dit-elle. Son seul Maître intérieur, c'est Jésus. Elle n'avait que onze ans lorsque, pour la première fois, elle entend sa voix douce et mélodieuse qui l'accompagna jusqu'à sa mort. Elle est alors remplie d'un bonheur si intense que sa vie fut transfigurée. Amoureusement et fidèlement, elle s'ouvre à l'amour de Jésus un peu plus chaque jour. Il y est tellement à l'aise qu'il communique avec elle comme avec l'amie la plus intime, n'hésitant pas à l'appeler ma petite moi-même. « Oui, je t'ai choisie pour me reproduire en toi (...), lui avait-il dit, nul ne te ravira mon Cœur ». Ces paroles laissent percevoir la vocation privilégiée de Dina Bélanger.
Née de l'amour des Cœurs de Jésus et de Marie, la Congrégation qui l'accueille vit d'une spiritualité centrée sur l'Eucharistie. Dans sa famille religieuse, Dina trouve réponse à ses aspirations profondes. Pour Dina, l'expression de l'amour de Jésus atteint son sommet dans l'Eucharistie, effusion de tendresse, déversement de l'Infini dans le fini. L'Eucharistie est le foyer qui consume tout. C'est le soleil de chacun de ses jours. Sa prière est apostolique, confiante parce qu'avant tout eucharistique. Dina n'a de désir que celui de rassasier l'Infini avec les richesses mêmes de l'Infini : offrir Jésus au Père. Peut-elle utiliser offrande plus parfaite ?
La première bienheureuse née à Québec a-t-elle encore quelque chose à dire à notre monde souvent blessé ? À l'âge de l'électronique, son langage peut-il être entendu ?
Oui, car son langage est universel, c'est celui de l'amour. Un langage sans frontières, sans couleurs et sans âge. Qui ne comprend le langage de l'amour ? Chez Dina, l'amour est un feu qui donne relief et beauté, ardeur et fécondité à sa vie. Elle a vécu sa vie ordinaire dans un amour extraordinaire. La vie est riche, qu'on la vive dans le succès, la maladie, la joie ou la lourdeur du quotidien. Dina tisse ses jours de l'intense amour qu'elle veut chanter sur la terre comme au ciel : « Au ciel, je serai une petite mendiante d'amour : la voilà ma mission! Et je la commence immédiatement ».
Le langage de Dina est celui de l'amour, amour d'abandon confiant. Aimer et laisser faire l'Amour ! De Dina, c'est le mot de passe ! Aimer et laisser faire Jésus et Marie, comme l'exprime sa devise. Dans l'abandon, ce bonheur parfait sur la terre, Dina s'exerce à rayonner l'amour en souriant.
Dina aurait-elle rêvé d'un amour facile, cherché un Christ sans croix ? Au contraire, celle qui aspirait à l'identification la plus parfaite avec Jésus, son unique amour, pour lui ressembler davantage, voulait vivre et mourir apôtre d'amour, victime d'amour, martyre d'amour. Elle a aimé dans la joie et dans la maladie, dans l'intimité avec son Dieu ou le silence du Bien-Aimé, dans l'angoisse de certaines nuits de douleurs, toujours dans le courage et la fidélité. À travers ombres et lumières, Dina sent que la terre n'existe plus pour elle, tellement sont intenses sa vie dans le Cœur de Dieu et son intimité avec Lui.
Le chemin de grâce qui, de fidélité en fidélité, conduit Dina dans le sanctuaire de la Trinité Sainte, s'ouvre dans le Cœur des Trois, son éternel chez-nous. Là, dans la joie céleste, elle chante son cantique d'action de grâce, son chant d'amour, attentive et sensible aux besoins d'ici-bas : « Au ciel, je donnerai de la joie ».
Dina Bélanger a été béatifiée par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), à Rome, le 20 mars 1993. La célébration liturgique de la bienheureuse Dina Bélanger a lieu le 4 septembre.
Pour un approfondissement : >>> Dina Bélanger, notre petite sainte de Québec
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