Bse Marie Euthymie Üffing, sœur de la Miséricorde († 1955)



Bse Maria Euthymia Üffing
Sœur de la Miséricorde 

M

 aria Euthymia, (Emma, de son prénom de baptême) Üffing, naît le 8 avril 1914 à Halverde (Allemagne), où elle fut baptisée le même jour.

Née du deuxième mariage de sa mère Maria Schnitt avec August Üffing, elle grandit dans une famille de dix enfants. Sa famille était profondément croyante. De nature fragile, Emma sera atteinte d'une maladie qui retardera son développement. Sa maladie ne l'a néanmoins jamais empêchée d'aider ses frères et sœurs.

Elle fréquenta le collège de la ville de Halverde. Sur place rien n'était facile, mais grâce à sa bonne volonté, elle réussissait presque toujours à être la seconde de sa classe.

Le 27 avril 1924, elle communie pour la première fois et le 3 septembre de cette même année, elle reçoit le sacrement de la Confirmation par l'évêque Johannes Poggenburg.

Elle assistait chaque jour à la messe ; elle était caractérisée par sa grande gentillesse, son calme, sa grande foi et surtout par un grand amour de la prière.

À l'âge de quatorze ans, elle manifesta le désir de devenir religieuse. Elle commença son apprentissage le 1er novembre 1931, à l'Hôpital Sainte-Anne à Hopsten où elle fit la connaissance des Sœurs de la Miséricorde de Münster. La Mère Supérieure, Euthymia Linnenkämper prit toujours en considération sa grande volonté de servir son prochain.

Une camarade d'école disait d’elle : « Aucun travail était trop ou trop petit à son regard ». Elle prêtait attention à tous et tout le monde pouvait compter sur elle.

Le 8 décembre l932 son père meurt. Après avoir obtenu son diplôme professionnel, le 1er mai 1933, elle rentra à la maison.

À l'âge de 20 ans, avec l'accord de sa mère, elle envoya une lettre aux Sœurs de la Miséricorde de Münster, en demandant d'être acceptée dans leur congrégation.

Les médecins la disaient faible de constitution à cause de son rachitisme ; pour cette raison sa demande d'adhésion à la congrégation tarda à être acceptée. Enfin, le 23 juillet 1934, elle entra dans la congrégation de Münster où elle prit le nom de Euthymia, en honneur à la Mère Supérieure Euthymia Linnenkämper de Hopsten. Elle écrivit une lettre à sa mère en disant: « J'ai trouvé ce que mon esprit cherchait, je ne le lâcherai pas » (cf. Ct. 3, 4).

Le 30 octobre 1936, sœur Euthymia fut déplacée à l'Hôpital Vinzenz à Dinslaken. Elle partageait son temps entre la préparation des examens pratiques et théoriques pour devenir infirmière et son travail à l'hôpital avec les femmes malades et les malades isolés, qui occupaient des petites chambres en bois portant le nom de « Ste Barbara ».

Après trois ans de pratique, sœur Euthymia reçut son diplôme d'infirmière avec distinction. Une année plus tard, le 15 septembre 1940, elle décida de rester dans la congrégation des Sœurs de la Miséricorde.

Pendant la guerre, l'urgence rendait le travail d'infirmière beaucoup plus difficile. En 1943, elle eut la charge de soigner les prisonniers de guerre et les travailleurs immigrés, plus spécialement ceux qui venaient d'Angleterre, France, Russie, Pologne et Ukraine.

Elle les traitait avec beaucoup d'amour. Le prêtre français Émile Eche, qui vécut lui même en tant que prisonnier de guerre dans l'hôpital de Dinslaken, certifia : « Sa complicité avec les malades venait du cœur, elle leur donnait beaucoup d'amour ». Elle savait que les prisonniers ne souffraient pas seulement physiquement. Elle leur prêtait beaucoup d'attention et faisait en sorte qu'ils se sentent comme chez eux.

Surnommée « l'ange de Ste Barbara », elle priait avec les malades et s'assurait qu'ils pussent recevoir la Sainte Eucharistie. La plupart des personnes éprouvait du mépris à l'égard des prisonniers de guerre les considérant seulement comme des ennemis ; mais pour elle, ils étaient des personnes qui avaient besoin d'aide.

Comme le dit le prêtre Émile Eche : « La vie de sœur Euthymia était un cantique d'espérance au plus profond de la guerre ».

À la fin de la guerre, l'expérience de soeur Euthymia lui fit confier le fonctionnement de la buanderie de Dinslaken, et trois ans plus tard, celle de la Maison-mère et de la clinique Saint-Raphaël de Münster. Malgré sa préférence pour les malades, elle accepta cette nouvelle mission sans difficulté. Elle répondit : « Tout pour Dieu Tout-Puissant ».

Malgré l'importance de la tâche, elle resta toujours une religieuse disponible, souriante et aimable, prompte à rendre le moindre service à son prochain. Nombreux furent ceux qui, la connaissant, lui demandaient de prier pour leurs intentions.

Une forme pénible de cancer fit mourir, prématurément et après de longues semaines de maladie,  sœur  Maria Euthymia : c’était le matin du 09 septembre 1955. Elle fut vénérée très tôt et beaucoup de personnes, venant de toutes les régions d'Allemagne, se rendent à Münster pour demander son intercession auprès de Dieu.

Maria Euthymia Üffing a été béatifiée à Rome le 07 octobre 2001, par saint Jean-Paul II (Homélie du Saint Père), avec six autres Serviteurs de Dieu : Ignazio Maloyan, Évêque et martyr; Nikolaus Gross, père de famille et martyr ; Alfonso Maria Fusco, prêtre ; Tommaso Maria Fusco, prêtre ; Émilie Tavernier-Gamelin, religieuse; Eugenia Picco, vierge.



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