Ste Marie del Carmen Sallés y Barangueras , fond. († 1911)



Sainte María del Carmen Sallés y Barangueras
Dominicaine puis fondatrice des
Concepcionistas Misioneras de la Enseñanza

Conceptionnistes Missionnaires de l’enseignement

M

aría del Carmen naît à Vich (Barcelone, Espagne) le 09 août 1848 de José Sallés et Francisca Baranguerasd.

Dès sa jeunesse, elle consacra tous ses efforts à éclaircir le dessein que Dieu a sur elle. En 1869, elle entra au noviciat des Adoratrices, qui se consacraient à la réhabilitation de femmes marginales. Elle se demanda comment auraient été ces femmes si la société leur avait donné d’autres occasions, et décida de consacrer sa vie à l’éducation de la femme, pour que celle-ci puisse s'insérer dignement dans la société. Dans ce but, elle entra au noviciat d’une congrégation de religieuses consacrées à l’enseignement et à l’éducation féminine : les Dominicaines de l’Anunciata, fondées par le P. Coll.

Durant 22 ans elle se consacra à l’éducation en divers lieux : elle dirigea une petite école pour que les enfants d’ouvrières ne fussent pas dans la rue ; à Barcelone, ce fut un collège dédié à la classe moyenne qu'elle diriga, et y ouvrit des cours du soir pour 300 ouvrières, aidée par les élèves de la journée. Elle s’efforçait d’augmenter la culture féminine, d’éduquer les jeunes filles à une piété profonde, avec des bases solides, sans sensiblerie, en avance sur la mentalité commune, de manière que tous pussent comprendre que la femme devait aller plus loin que le B-A-BA et les travaux « féminins ». On l’accusa de vouloir remplir de vanité la tête des femmes.

Dès le début, elle s’est appliquée à bien préparer les futures religieuses enseignantes. À une époque où la loi n’exigeait pas de diplômes pour enseigner dans le privé, où l’Université n’était pas ouverte aux femmes, elle fit faire des études aux religieuses, y compris le piano et le français. Elle établit l’éducation comme un projet intégral et équilibré. La petite fille, la jeune fille, devait développer harmonieusement son intelligence et son cœur.

Carmen surmonte de nombreuses difficultés, se sachant un « instrument inutile entre les mains de Marie Immaculée »: elle forme des projets audacieux, mûris dans la prière, qu'elle soumet à de sages conseillers. Elle répète avec une ferme confiance: « En avant, toujours en avant. Dieu pourvoit à tout! »

Les problèmes arrivèrent en 1891-92. Elle ne voulait pas sortir de la Congrégation dominicaine, mais simplement déployer un rameau de ce même arbre. Mais on refusa, et elle se vit forcée d’initier un chemin nouveau. Avec trois compagnes, elle fonda une nouvelle Congrégation, appelée d’abord les Conceptionnistes de Saint Dominique, aujourd’hui “Conceptionnistes Missionnaires de l’enseignement”. Carmen remet son projet à la Vierge du Bon Conseil, après quoi elle dit à ses deux compagnes : « C’est la volonté de Dieu. Allons à Burgos. Là-bas nous travaillerons et lutterons avec tout ce qui se présente. Dieu pourvoira ».

En octobre 1892, Carmen arrive à Burgos avec ses trois compagnes. Elle y trouve un protecteur en la personne de l’archevêque, qui en décembre autorise la Congrégation naissante et l’ouverture du premier collège ‘conceptionniste’.

Carmen Sallés reçoit le titre de Supérieure générale. En 1908 la congrégation est autorisée par le pape. Elle continuera fidèle à sa vocation de religieuse consacrée à l’enseignement. En 19 ans de travail, elle fondera 13 maisons et déploiera un vaste apostolat dans des collèges en diverses villes et villages d’Espagne. Émergera la figure d’une femme de grand caractère et de grande douceur, qui sut surmonter de nombreuses difficultés au long de son itinéraire de fondatrice. Sa foi inébranlable et son ardente charité sont unies à une grande sensibilité pour la formation chrétienne des femmes à une époque où surgissaient des pressions laïcistes et anticléricales.

Mère Carmen manifesta aussi un grand amour pour les enfants les plus pauvres. Les témoignages offrent des preuves de la densité de sa vie intérieure, de sa délicatesse de conscience par rapport aux expériences passées douloureuses: “Jamais on ne l’entendait se plaindre ni dire du mal de personne ni se justifier” (Positio).

Elle entreprit des démarches pour étendre son œuvre en Italie et au Brésil. Sa vie et son œuvre sont basées sur une spiritualité christocentrique et mariale, et nourries par une piété solide et discrète.

Elle meurt à Madrid le 25 juillet 1911. La congrégation fut définitivement approuvée en 1954 sous son nom actuel. Son charisme demeure aujourd'hui vivant au sein de son Institut répandu dans 12 pays du monde : “Tant qu’il y a des jeunes à éduquer et des valeurs à transmettre, les difficultés ne comptent pas”.

María del Carmen Sallés y Barangueras a été béatifiée le 15 mars 1998, par saint Jean-Paul II (Karol Józef  Wojtyła, 1978-2005), et canonisée le 21 octobre 2012, par le pape Benoît XVI (Joseph Aloisius Ratzinger, 2005-2013).

Pour approfondissements :
>>> Concepcionistas Misioneras de La Enseñanza
(site en espagnol)



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