Bse Margarita María López de Maturana Fondatrice de la Congrégation des : « Mercédaires Missionnaires »
Une simple sœur cloîtrée peut-elle être considérée comme l'une des plus grandes missionnaires du début du XXème siècle ? Certainement si l'on prend en compte la vie de la bienheureuse Marguerite-Marie Lopez de Maturana.
argarita María naît le 25 juillet 1884 à Bilbao dans le Pays Basque espagnol, et fut baptisée sous le nom de Pilar le même jour avec sa sœur jumelle Léonor.
Les deux sœurs furent aussi jumelles dans leur vocation : Léonor devint carmélite tandis que Pilar entra, à 19 ans, dans l’Ordre des Mercédaires (Cet ordre a été fondé au 12e siècle par saint Pierre Nolasque [1189-1256]pour le rachat des captifs) au couvent de Berriz où elle prononce ses vœux en 1904 et prend le nom de sœur Marguerite-Marie.
Après quelques années, elle devient elle-même enseignante à l’école du monastère. Or, des missionnaires, hommes ou femmes, s’arrêtent parfois au monastère pour parler de leurs apostolat, raconter leur vie et demander la prière des cloîtrées. Sœur Marguerite sent naître en elle un appel. Elle dit un jour : « Il y a des moments très importants dans la vie où Dieu nous montre la façon de Le suivre et alors il laisse à notre volonté la liberté de répondre».
Le feu du zèle missionnaire s’empare d’elle. Elle prie et fait prier ses élèves, formant avec elles une association de ‘co-missionnaires’. Entre autre, elles écrivent à des lépreux. Les autres sœurs sont prises dans cet élan. En 1920, elle organise la “Jeunesse Mercédaire Missionnaire” première association de ce type en Espagne. Elle apparaît ainsi comme l’un des “grands missionnaires du début du 20e siècle”.
D’autre part, elle désire fortement mettre en pratique le quatrième vœu, propre aux mercédaires, qui est de se consacrer au rachat des chrétiens, captifs ou menacés dans leur foi, quitte à se livrer eux-mêmes en rançon ou à risquer leur vie. Mais cette époque étant révolue, elle pense transformer ce vœu en s’engageant à « faire connaître Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre ». Toutes ses consœurs sont unanimes pour la suivre dans cette voie, mais pour réaliser ce projet, il faudrait qu’elles cessent d’être tenues à la clôture.
En 1926, la Congrégation des religieux leur accorde une permission temporaire, ad experimentum. S’ensuivent trois vagues successives de missions. La première dès 1926, avec la bénédiction de Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939), le grand pape missionnaire. Elles vont jusqu’en Chine, à Wuhu. Mère Marguerite, restée à Bérriz, est nommée supérieure le 16 avril 1927. Une deuxième mission atteint Saipan, une des îles Mariannes ; voyage laborieux qui dure du 30 octobre 1927 au 4 mars 1928. Une troisième, en 1928, arrive à Ponape, dans les îles Carolines. Mère Marguerite en fait partie. Saipan et Ponape sont deux îles minuscules et l’on s’étonne d’un tel objectif, mais tout homme, pense Mère Marguerite, a le droit de connaître le Christ. Elle écrit : « Je suis bien impressionnée par les maisons de Saipan et de Ponape. Les mères sont très enthousiastes et il y a là un grand champ à cultiver avec une grande ardeur, et d'une manière très cachée, pour l'amour seul de notre Seigneur Jésus le Christ. »
Malgré sa mauvaise santé (depuis 1922 elle a un ulcère duodénal), elle fera encore un deuxième grand voyage ‘autour du monde’. Le 23 mai 1930, le rêve de la religieuse se réalise : la transformation du couvent cloîtré en un institut missionnaire, celui des “Sœurs Mercédaires Missionnaires de Bérriz”. Au premier chapitre de la congrégation qui suit, elle est élue Supérieure générale, le 30 juillet 1931. Mais sa santé continue à s’altérer ; l’ulcère dégénère en cancer et, après deux opérations, elle meurt à San Sébastian dans la province de Guipuzcoa, le 23 juillet 1934, deux jours avant ses 50 ans.
Margarita María López de Maturana a été béatifiée, en Espagne, à Bilbao, le dimanche 22 octobre 2006,en la Journée Missionnaire Mondiale. Le rite solennel a eu lieu dans l’après-midi, à 17 heures, présidé par le cardinal Saraiva Martins, délégué par le pape Benoît XVI. Il était entouré du nonce apostolique en Espagne, Mgr Monteiro de Castro, des cinq évêques du Pays basque en particulier, Mgr Ricardo Blázquez, évêque de Bilbao et président de la conférence épiscopale espagnole, par le cardinal archevêque de Séville, Mgr Carlos Amigo Vallejo, par Mgr Tomas Aguon Camacho, évêque de Chalan Kanoa, aux Iles Marianne. On estime que quelque deux mille pèlerins ont participé à la célébration, provenant pour certains de Chine, des Philippines, du Congo et de la Zambie.
L’institut des Mercédaires missionnaires de Bérriz compte 90 religieuses dans la province basque, et plus de 500 entre Taïwan, la Chine, le Japon, la Micronésie, les Philippines, les États-Unis, le Mexique, le Guatemala, le Nicaragua, l’Équateur, le Pérou, la République démocratique du Congo, la Zambie, l’Italie et l’Espagne.
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